L’histoire de l’humanité à travers son évolution progressive et par le biais des différentes études et développement scientifique nous a permis de comprendre beaucoup de choses. Les historiens qui nous racontent l’histoire ne sont jamais neutres. Donc les faits historiques peuvent être modifiés selon l’idéologie et la position philosophique de ce qui les écrivent et qui les enseignent. D’où l’altération de certains faits historiques haïtiens par les occidentaux français ayant été les premiers historiens qui ont écrit notre histoire de peuple. Sur cette base, une remise en question de l’occidentalocentrisme dans la narration historique haïtienne n’est -il pas nécessaire ? Les progrès considérables que l’humanité a pu connaître à travers les fouilles archéologiques et les recherches historiques qui ont permis de rétablir la véracité des faits de manière scientifique, ne sont-ils pas un atout pertinent dans une tentative d’analyse de résultats et d’adaptation des systèmes politiques que le pays a expérimenté de 1804 à nos jours ? Entre les régimes politiques monarchiques ou dictatoriaux et l’apprentissage démocratique, lequel a été plus adapté, plus productif et plus stable pour le pays ? Une analyse minutieuse des écrits de nos philosophes politiques de l’antiquité et du temps moderne va nous permettre de faire la lumière sur ces interrogations.
Il est important de mentionner que le concept politique à vu le jour en Grèce, plus précisément dans la cité d’Athènes au 5ème siècle avant J.C par les philosophes politiques d’antan tels que : Platon, Aristote, Diogène de Sinope, Antisthène, Prodicos, Hippias d’Elis, Epicure, Théophraste etc.
Pour Platon et Aristote, ils ont privilégié une approche empirique, tout en observant les régimes existants, afin de justifier le juste milieu. La politique étant définie comme la Police de la cité, la communauté l’a achevée, et l’a rendue indispensable à l’accomplissement humain. En un mot, la politique vise à établir la vertu et la justice en permettant aux citoyens de vivre bien et de bien fonctionner. C’est dans cette idée qu’Aristote eut à dire que : « l’homme est un Animal politique », dans la langue originelle : un « zoòn politikoòn ».
Et si nous essayons de passer en revue les écrits de différents penseurs philosophes politiques tels que : Anna Harentz, Jhon Locke, (le fondateur du libéralisme ), Jean Jacques Rousseau, Thomas Hobbes et BARUK Spinoza qui dans son ouvrage le traité Théologico-politique prône la liberté de pensée et défend la démocratie comme le régime le plus naturel qui existe.
C’est le cas aussi de Hugo Harrington théoricien républicain dont l’œuvre maitresse : « The common wealth of Oceana », analyse l’importance de la propriété foncière dans le pouvoir politique.
Ces penseurs ont façonné le paysage intellectuel moderne en séparant la politique de la religion et introduisent des concepts fondamentaux comme le libéralisme, la séparation des pouvoirs et la souveraineté populaire.
D’entrée de jeu, les auteurs comme Locke, Rousseau et Hobbes ont permis de théoriser sur l’état de nature en fondant le concept devenu un classique dans l’histoire des idées politiques : le « Contrat Social ».
Dans le courant de pensée Anglais et Français, Thomas Hobbes est partisan de la Monarchie ou d’un pouvoir monarchique parce qu’il a compris la nécessité d’un souverain ou d’un être suprême pour diriger le peuple.
Pour Hobbes dans son ouvrage le « Léviathan », à l’état de nature, « l’homme est un loup pour l’homme », traduit dans la langue originelle « Homo homini lupus ». il lui faut donc un monstre « l’État » pour faire régner l’ordre.
Rousseau de son côté voulant bloquer les pulsions de l’homme nées de l’état de nature a fait appel au concept : le « Contrat Social ». Ce faisant, il a jeté les bases d’un accord politique que les citoyens ont conclu avec les représentants du pouvoir pour assurer leur protection. Selon plus d’un, la théorie du Contrat social est une base explicative de l’origine de l’inégalité entre les hommes, tout en insinuant que la souffrance de l’homme provient de ses dirigeants politiques. Il voit le concept de liberté d’une façon profonde et c’est ce qui lui permit de dire : « un peuple est libre quand il obéit à lui-même ». Dans le contrat social, Rousseau fait la promotion de l’éducation depuis l’enfance, car l’enfant est considéré comme innocent et on doit le protéger.
Le Sociologue allemand Max Weber penseur et philosophe politique moderne a permis de définir l’État né du Contrat Social de Rousseau et des complexités de l’état de nature de Hobbes: « il faut entendre par l’État, une entreprise politique de caractère individuel dont la direction administrative revendique avec succès l’application des règlements et le monopole de la contrainte physique légitime ».
Certaines idées dominantes alimentent l’idée selon laquelle c’est le traité du contrat social de Jean Jacques Rousseau qui a occasionné les deux Grandes révolutions occidentales : la Révolution française et la révolution américaine. Quoi qu’il en soit, il faut se mettre d’accord sur une chose. C’est l’inspiration de Rousseau qui serait à l’avant-garde des grands idéaux démocratiques et révolutionnaires du monde moderne.
Qu’en est-il d’Haiti ? Quel a été son choix et orientation politique après l’indépendance de 1804 ?
Haïti dès sa fondation a utilisé la méthode isomorphique mimétique pour modeler son État. À l’origine, la nouvelle nation haïtienne a fait le choix d’être un Empire libre et indépendant dans l’intérêt de construire un État puissant et fort aux yeux du monde entier. Malheureusement 2 ans après ce grand exploit, ce rêve a été brisé par les vendeurs de patrie qui ont vendu l’âme de la nation haïtienne en assassinant le Père fondateur, le Guide suprême qui nous a légué ce coin de terre des dieux, la terre haute et Montagneuse comme Galaad dans la bible.
222 ans plus tard, le peuple haïtien a dû mal à s’entendre pour choisir en âme et conscience le vrai bicolore, symbolisant la réalité de la victoire de Vertières qui a propulsé sur la scène internationale la consécration d’une nouvelle nation noire libre. Son drapeau dès lors traduisait l’expression de notre couleur de peau et de notre sang rouge vif qui a été coulé pour notre Liberté. D’où, l’explication de notre premier bicolore noir et rouge au lendemain de 1804.
Ce fut un choix osé et bien réfléchi dans la mesure que ces grands hommes avaient toutes les connaissances du Grand COSMOS et c’est grâce à cela qu’ils ont pu maîtriser le recours à l’astrologie dans la gestion d’un État.
Signalons que l’astrologie permet de révéler la signification, l’importance et l’alignement des planètes. En effet, selon une compréhension ésotérique, la couleur noire de la planète Saturne, la mère des planètes et le rouge de la planète Mars, la planète Guerrière où habite les dieux de la guerre, ont été interprétées comme des contributions surnaturelles dans la victoire incroyable de l’armée indigène sur la plus puissante armée du monde à l’époque.
Et sans aucun doute, c’est cette page d’histoire qu’Haïti est en train de payer sur la scène internationale par les grandes puissances occidentales de l’Amérique et de l’Europe. Le constat est flagrant, après plus de 222 ans d’histoire de notre indépendance, comment expliquer notre échec politique caractérisé à travers une instabilité politique chronique vielle de plus de deux siècles ?
Analysons les faits historiques de manière méthodique. Haïti a été d’abord Empire sous la gouvernance de Jean Jacques DESSALINES, sous forme de monarchie impériale de 1804 à 1806. Il s’est fait proclamer Empereur JACQUES 1er.
Une seconde Empire a vu le jour en Haïti de 1849 à 1859, sous le règne de Faustin Soulouque, devenu Empereur FAUSTIN 1er.
Il est à noter que ces périodes marquent des moments spécifiques où le pouvoir exécutif était concentré entre les mains d’un Empereur, cherchant très souvent à renforcer l’identité nationale et la souveraineté face aux différentes menaces extérieures. Il faut mentionner également une période importante de l’histoire d’Hayti.
Hayti était aussi un Royaume, surnommé le Royaume du Nord. Ce fut une Monarchie constitutionnelle établie le 28 Mars 1811, qui a proclamé le Roi Henri Christophe, HENRI 1er. Il est important aussi de mentionner que c’est après avoir régné en tant que Président de l’État d’Hayti qu’il a fini par se faire proclamer Roi.
On a constaté avec intérêt et véhémence, l’intronisation d’un système qui a permis l’implantation d’un système éducatif obligatoire et la construction des grands édifices dont la Citadelle la Ferrière considérée comme la 8ème merveille du monde.
Au terme de cette revue de littérature qui nous a permis de revisiter les différentes empires et royautés d’Hayti, il s’avère donc nécessaire de parler du système politique républicain dit démocratie qui a été d’application en Hayti depuis le premier Président d’Hayti Alexandre Pétion, pour finir sur le dernier Président élu : Jovenel Moïse.
Qu’est-ce que la démocratie ?
Démocratie vient de deux mots du grec ancien : Démokratia
Dêmos : peuple, Kratos : pouvoir, puissance ou souveraineté. En fait, c’est le peuple au pouvoir.
L’histoire d’Hayti nous a permis de constater que toute une plénitude de Chefs d’État a dirigé le pays, en utilisant le système politique dit démocratique. Une analyse des faits historiques d’Hayti a permis de constater qu’un grand nombre d’entre eux sont considérés comme des marionnettes au pouvoir, des dirigeants dirigés par télécommande et c’est ce qui a catapulté Hayti vers cette descente aux enfers. Est-ce que la démocratie occidentale via un isomorphisme coercitif et mimétique telle qu’on nous force de l’appliquer aujourd’hui n’est pas la cause principale de tous nos malheurs ?
Il a été bien établi des conditions dans lesquelles chaque peuple peut bien fonctionner selon son origine, sa sociologie, son Anthropologie et son climat. Dans le principe de la gouvernance mondiale fondée sur la multipolarité, tous les pays ont libre choix de pratiquer le système politique ou économique qui les convient afin de mieux s’adapter à leur réalité, leur développement et leur niveau d’éducation ou leur culture générale. Même si avec la domination de l’impérialisme occidental depuis 1945, les valeurs de l’unipolarité impérialiste américaine ont tendance à s’universaliser aux dépens et contre tout ce qui est non occidental.
Il est unanime de reconnaître que la vie est tout une construction qui se fait sur le temps et à travers divers mécanismes et en aucun cas on ne peut se lever un beau jour et décider de tout changer ou de faire un chambardement.
De 1957 à 1971, Hayti a été dirigé par le président François Duvalier à travers un régime Totalitaire.
De 1971 à 1986, le Fils de Duvalier, Jean Claude a remplacé son père et a conduit le pays en gardant en place le me régime autoritaire. Malgré tout, on a constaté à travers cette période un certain équilibre économique on avait un taux de 5 gourdes pour un dollar américain, etc. Le pays a été dirigé et contrôlé, la vie courante était encore possible.
De 1986 à aujourd’hui, de la bamboche démocratique au règne des gangs à cravate et à sandales où les bandes armées dirigent plus de 75% de l’ensemble du territoire de la capitale d’Haïti et de l’Artibonite, les résultats des systèmes politiques mis en application sont mitigés et diffèrent d’une période à l’autre. Mais le contraste réside surtout entre les tendances démocratisantes et dictatoriales. Les périodes où dominent les dictatures sont plus stables et relativement plus productives que celles où l’on tente de faire l’expérience de la démocratie occidentale.
Comme l’a si bien dit : konpè filo: « lè ou pèdi chemen vrè demach la se retounen nan k-fou a, paske se la wout la kòmanse ».
Selon la science HOLOS qui symbolise le retour à la maison 🏠, à la matrice et enfin, à la source originelle, ne devrait-on pas penser à un retour vers notre culture, tradition ancestrale et vers un système politique qui nous est familier afin de rompre avec le cycle de l’instabilité chronique.
Cette analyse Minutieuses de l’ensemble des faits historiques de l’antiquité et de la modernité nous permet de voir la nécessité de réviser certaines pratiques politiques que nous cultivons depuis notre indépendance qui n’ont jamais donné de résultat probant en vue d’une bonne gouvernance de notre État nation.
Revenons à la démocratie comme système de gouvernance. La démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Carl Peper a dit : « la démocratie ne peut jamais être le pouvoir du peuple ». Ainsi donc, à quoi sert la science politique ?
Cette réflexion m’a permis de faire quelques questionnements sur l’utilité et l’importance de la science politique dans la gouvernance d’un État souverain, libre et indépendant.
Certainement, si les dirigeants au pouvoir mettaient en pratique cette science, c’est une garantie qu’ils auraient mieux dirigé Hayti parce que cette science permet une bonne organisation de la cité.
Puisque la politique vient du mot grec : Polis: cité, la gestion de la cité. les dirigeants devraient s’arranger pour répondre aux différents besoins de la société selon le contrat social passé avec eux.
Fort de ce constat, j’invite solennellement la jeunesse Haïtienne à se ressaisir afin de commencer à donner de bonnes images d’eux-mêmes sur tous les points de vue. Elle doit commencer à créer des groupes de pressions sociales et politiques positives comme le veut la sociologie en tant que discipline scientifique et de chercher à comprendre à fond l’histoire vraie d’Hayti et enfin d’influencer la pratique politique haïtienne, afin de la ramener sur le terrain de la bonne gouvernance, tout en choisissant les personnes intègres, patriotes, compétents, non-corrompus.
Vive une Hayti libre et independante.
Sérénissime Grand Maître Yves Charles, Président du conseil exécutif de la Grande Loge d’Ayiti des Rites Unis.

